Le métier de technicien ou facteur de piano est un métier d’art au service de la musique et des musiciens. Il ne se résume pas à l’accord. La somme des connaissances du technicien, facteur de piano, va permettre à votre instrument de donner le meilleur de lui-même.

L’entretien

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comprendre votre devis

Malgré son apparente robustesse, votre piano a besoin de soins réguliers pour conserver sa musicalité et la fluidité de son toucher.

L’entretien de votre piano va porter sur différents points complémentaires : l’harmonisation pour la sonorité, la justesse et le diapasonnement pour l’accord, la précision des réglages pour le toucher. Et pour synthétiser l’ensemble la notion de finition et de mise au point.

Justesse et sonorité

La justesse est une convention, un choix d’organisation des notes les unes part rapport aux autres. Dans notre société occidentale la convention repose sur la gamme en demi-tons.

Pour les instruments à clavier, le compromis sur bémols et dièses se traduit sous la forme de la gamme tempérée ; dite égale.

D’autres compromis ou tempéraments inégaux existent ; pour exemple les tempéraments, Mésotonique, Tartini vallotti, Werckmaster.
La justesse n’est pas la sonorité !
Prenons l’exemple d’un clavecin d’une très belle sonorité. Il peut être accordé selon différentes manières d’organiser les notes de la gamme (différents tempéraments)
Ainsi, Ie clavecin sera juste selon la convention d’organisation de la gamme Mésotonique ou juste selon la convention d’organisation de la gamme Tartini Vallotti ou juste selon la convention d’organisation de la gamme dite égale etc.

Dans les trois cas il sera juste, mais accordé différemment ! Toutefois, il n’a une belle sonorité que parce qu’il est un bon clavecin, indépendamment de l’organisation de la gamme.

La justesse participe au ressenti de la sonorité de part l’équilibre qu’elle apporte aux notes dans leur rapport les unes aux autres mais la justesse n’est pas la sonorité.

La sonorité du piano ne relève que de la qualité de la table d’harmonie, de la qualité de la fabrication, de la qualité de l’harmonisation.

réglage et mise au point

Le réglage

En jeu forte, le marteau frappe la corde d’un piano à queue à la vitesse de 5 m/seconde environ. Savez-vous que le manche du marteau en bois et d’un diamètre de 5,5 mm, se cintre fortement au moment de la frappe ? La touche plie également. Ces exemples donnent une idée des contraintes subies par la mécanique de votre piano.
Chaque note de la mécanique du piano à queue comporte vingt-cinq points de réglage et trente-deux points de frottement. Ce sont autant de points d’usure et de tassement. Ses délicats réglages ne sont donc pas immuables.
Dans un piano à queue, la répétition des notes est seulement possible à l’aide d’un ressort de rappel dont la tension est réglable. Cette tension est un réglage primordial. Avec le temps, ce ressort se détend et perd en efficacité, d’où la nécessité d’un réglage.
Nous n’allons pas citer ici tous les réglages de l’ensemble clavier, mécanique, pédales. Mais…

Ne pas faire régler votre instrument, c’est vous priver de l’extraordinaire précision de la mécanique du piano !

La mise au point

La mise au point, également appelée « finition » en manufacture, est la synthèse des opérations de réglage, d’accord et d’harmonisation. C’est l’ultime et minutieuse vérification des trois opérations visant à la perfection. Le passage du bien au parfait.
Ce travail est généralement confié à un technicien chevronné, ayant développé un grand sens artistique.

Cette mise au point prend toute sa plénitude sur un instrument de grande marque. Toutefois, sur un instrument de moins grande facture, elle donne souvent un résultat étonnant en révélant un potentiel inconnu de l’instrument.

L’accord et le diapason

L’accord

Alpha et oméga de l’entretien du piano, l’accord de l’instrument confisque l’idée même d’entretien.
Trop souvent, le pianiste demande un accord et sous-entend par là une demande d’entretien. Pour le technicien professionnel, l’accord est une opération consistant à rétablir la justesse de l’instrument (rapport des notes les unes aux autres et hauteur du diapason).
Comme nous l’avons vu précédemment, l’accord (la justesse) n’est pas un travail sur la sonorité, ni un travail de réglage sur la mécanique. D’où, au mieux un malentendu, au pire une dégradation de l’instrument. Il est régulièrement ou irrégulièrement accordé, mais jamais vraiment entretenu.

Pourquoi l’accord a-t-il occulté l’entretien ?

La maîtrise de l’accord nécessite un long apprentissage. Il faut plusieurs années d’exercice journalier de l’accord pour acquérir le savoir-faire et le savoir-entendre indispensables à la pratique de l’accord. L’acquisition de cette compétence apparaît comme la plus difficile à apprendre pour un jeune apprenti.
Aussi, insidieusement, la profession a laissé l’accord devenir à tort le cœur du métier. Au point de ne plus être technicien piano, qui plus est facteur de piano, mais de manière réductrice, simplement accordeur…

Le diapason

Comme la justesse, le diapason est une convention ! Il a été longtemps un choix avant d’être fixé à 440 Hertz pour le La  »’, lors de la conférence internationale de Londres en 1953.
Le diapason donne la hauteur du son et ne doit pas être confondu avec la justesse ou la sonorité. Au cours du temps, il a énormément varié entre 392 et 462Hz, valeurs entre lesquelles il y a tout de même un ton et demi ! On peut citer les diapasons 392, 415, 430, 435, 440, 442, 444, 445, 450 et 462 Hz. Il s’agit là des plus courants, sans exclure d’autres choix.
La hauteur du diapason permet à plusieurs instrumentistes de jouer ensemble. Certains instruments, entre autres les vents, sont accordés en manufacture et ne peuvent varier en hauteur. Une flûte accordée au diapason 440 Hz peut jouer seulement avec un piano accordé à 440 Hz.
La hauteur du diapason est également très importante pour le chant et la formation de l’oreille.
Si le piano reste longtemps sans être accordé, la tension des cordes diminue et le diapason baisse. Il faut donc faire une remise au diapason. Cette opération peut parfois doubler le temps normal d’un accord, d’où le surcoût demandé par le technicien.
Votre piano a été conçu, calculé pour un diapason donné. Á ce titre, le bon diapason participe au timbre de l’instrument. Si le diapason est trop bas, la tension insuffisante des cordes appauvrit le timbre. Inversement, un diapason trop haut génère des tensions excessives et une contrainte plus forte sur la table d’harmonie.

Sonorité et harmonisation

La sonorité

Les qualités intrinsèques de votre piano sont liées pour l’essentiel à l’ensemble d’harmonie. Comme le violon, le piano dispose d’une table d’harmonie, d’un chevalet et de chevilles d’accord. Cette table d’harmonie amplifie la vibration des cordes et donne l’ampleur sonore de l’instrument. C’est la naissance de la sonorité !
La corde tendue repose sur le chevalet qui transmet les vibrations à la table.
C’est un marteau de bois et de feutre qui frappe la corde et la met en vibration. Cela produit le son, via la table d’harmonie. De la consistance (dureté ou souplesse) de ce marteau, de ce percuteur, résulte le timbre du son produit.
Le pianiste n’a pas le choix de changer à volonté et instantanément les marteaux de son piano. Toutefois, il a le choix de rechercher avec le technicien quelle est la sonorité qui convient le mieux à son instrument, selon son esthétique.

Ce travail sur la sonorité de l’instrument s’appelle : l’harmonisation

L’harmonisation

Cette opération, réalisée en premier lieu lors de la fabrication de l’instrument, consiste à modifier la densité du feutre qui recouvre la tête du marteau. Cela afin de le rendre plus souple, plus tendre, l’aérer en quelque sorte. Ou bien, au contraire, le rendre plus dur (le tasser ou plus précisément, le tendre)

Ce travail sur le feutre du marteau donne son timbre à  l’instrument.. Ce premier travail d’harmonisation sur un piano à queue de qualité dure au moins onze heures dans une bonne manufacture.

Aérer ou tasser : ces termes sont essentiels pour appréhender l’aspect réversible de cette opération. Ce point idéal de densité du feutre du marteau n’est pas immuable. Le simple jeu de l’instrument tasse le feutre, et donc le durcit, à chaque percussion du marteau sur la corde.

Ce tassement altère le timbre du piano. Pour résoudre ce problème, le technicien de concert reprend l’égalisation du piano avant chaque concert.

Ce qui vaut pour le piano de concert vaut pour votre piano. À un degré d’exigence moindre, l’harmonisation est primordiale pour conserver le timbre de votre instrument.
L’harmonisation ne complète pas l’accord, c’est l’accord qui complète l’harmonisation.